Sous-titres et traduction AI en vidéo corporative : qui relit chaque ligne avant la mise en ligne
Pour les sous-titres d'une vidéo corporative, l'AI a sa place, et on peut s'en servir sans s'excuser. Une transcription automatique donne un premier jet rapide, et une traduction automatique donne une base de travail. Le problème n'est pas l'outil. C'est le fichier qui part en ligne sans que personne ait lu chaque ligne. Dans une vidéo B2B, le sous-titre, c'est la parole de votre directeur des opérations ou de votre président, écrite noir sur blanc. Une erreur dans ce texte ne passe pas pour un défaut technique. Elle passe pour une phrase qu'il a dite.
Cette page ne vous montre pas comment sous-titrer une vidéo. Elle vous dit où la machine suffit, où elle échoue presque toujours dans une entreprise industrielle du Québec, et qui doit signer le fichier avant qu'il parte.
Pourquoi le sous-titre est l'endroit où la machine est acceptable
Le sous-titre ne crée rien. Il retranscrit une parole qui a vraiment été dite, par une vraie personne, devant une vraie caméra. La preuve, c'est le tournage. Le fichier texte n'est qu'un moyen de la rendre lisible sans le son. C'est la différence avec une image générée ou une voix de synthèse : là, la machine fabrique la preuve elle-même. Ici, elle la transcrit.
Les plateformes font d'ailleurs la même distinction. Dans sa page d'aide sur la divulgation du contenu généré, YouTube exige une mention quand un contenu réaliste fait dire ou faire à une vraie personne quelque chose qu'elle n'a pas dit ni fait. La même page range la création de sous-titres parmi les usages qui n'ont pas à être divulgués. Autrement dit, personne ne vous reprochera d'avoir utilisé un outil pour produire vos sous-titres. On vous reprochera ce qui est écrit dedans.
YouTube lui-même ne prétend pas que ses sous-titres automatiques sont fiables. Sa page d'aide écrit que la qualité peut varier, et que ces sous-titres peuvent mal rendre la parole à cause de la prononciation, des accents, des dialectes ou du bruit de fond. Elle ajoute qu'il faut toujours relire les sous-titres automatiques et corriger ce qui a été mal transcrit. C'est la plateforme qui le dit, pas un fournisseur qui cherche à vous vendre de la relecture.
Les trois endroits où le premier jet échoue en usine
Lisez la liste de YouTube une deuxième fois en pensant à un tournage industriel au Québec. Accents, dialectes, bruit de fond : c'est la description exacte d'une entrevue sur un plancher d'usine.
Le vocabulaire technique. Prenez, à titre d'illustration, un fabricant de convoyeurs en Beauce. Son chef de production parle de rouleaux motorisés, de tolérances au millième et d'acier inoxydable 316L. Un outil de transcription connaît les mots courants. Il connaît beaucoup moins bien le nom de votre gamme de produits, la désignation d'un alliage ou l'acronyme d'une norme de votre secteur. Il écrira un mot qui existe, qui sonne pareil, et qui est faux. Pour un acheteur technique, c'est pire qu'une coquille : c'est le signe que personne chez vous n'a regardé.
Le français parlé au Québec. Un contremaître de Saint-Georges ne parle pas comme un lecteur de nouvelles. Il y a des anglicismes d'atelier, des élisions, des expressions régionales. La machine doit deviner, et la question qui suit n'est pas technique. Faut-il écrire exactement ce qui a été dit, ou le rendre lisible sans le trahir? C'est une décision éditoriale. Elle appartient à quelqu'un qui connaît la personne à l'écran et le public qui lira, pas à un logiciel.
Les noms propres. Le nom de votre client, de votre usine, de votre ville, de votre produit. Chicoutimi, Saint-Hyacinthe, le nom d'un donneur d'ordres que vous avez le droit de nommer. Un nom mal écrit dans le sous-titre d'une vidéo de témoignage, c'est le client lui-même qui le remarque en premier.
La traduction : un autre métier, un autre relecteur
Traduire les sous-titres pour vendre en Ontario ou aux États-Unis ajoute une couche de risque, parce que la personne qui valide le français ne peut souvent pas valider l'anglais. Un distributeur de pièces hydrauliques en Montérégie peut avoir un directeur des ventes parfaitement bilingue. Il n'a pas nécessairement quelqu'un qui écrit l'anglais d'un acheteur américain.
La traduction automatique rend les mots. Elle rend moins bien le métier. « Soumission » a plusieurs traductions en anglais, et une seule est juste dans un appel d'offres. « Pont roulant » devient facilement une expression qui n'existe dans aucune usine anglophone. « Donneur d'ordres » n'a pas d'équivalent mot à mot. Et les chiffres voyagent mal : une virgule décimale française laissée telle quelle dans un sous-titre anglais change la lecture d'une cote. Un ingénieur à Détroit ne vous appellera pas pour vérifier. Il passera au fournisseur suivant.
Deux exigences découlent de ça. D'abord, chaque langue a son propre fichier et son propre relecteur. Le détail des contraintes de format sur LinkedIn, dont le fait qu'un marché bilingue se sert avec deux montages, est dans ce qu'il faut exiger d'une vidéo LinkedIn B2B. Ensuite, le relecteur de la version anglaise doit connaître l'anglais de votre secteur, pas seulement l'anglais.
Qui doit lire chaque ligne
Voici ce qu'un fournisseur sérieux vous demande, et ce que vous devriez exiger s'il ne le demande pas.
- Un relecteur nommé chez vous pour le contenu technique. Pas le service des communications seul. La personne qui connaît les produits, souvent l'ingénieur ou le directeur des opérations. Elle ne relit pas le style. Elle relit les termes, les chiffres et les normes.
- La personne à l'écran, ou quelqu'un qui parle en son nom. Ce sont ses mots. Si le sous-titre les reformule, elle doit le savoir avant la publication, pas en la découvrant sur LinkedIn.
- Une liste de termes et de noms propres fournie avant le montage. Elle ne coûte presque rien à produire et elle évite la moitié des corrections. Un fournisseur qui ne la demande jamais corrigera au hasard.
- Une relecture sur le montage final. Un sous-titre validé sur une version précédente ne correspond plus au montage dès qu'une coupe a changé. Le fichier approuvé doit être celui qui part.
La question à poser à votre fournisseur est simple : qui, chez vous, a lu chaque ligne de ce fichier, et qui chez nous l'a approuvé. Si la réponse est « l'outil est très bon », vous savez qu'il n'y a pas eu de lecteur. La qualité de l'outil n'a jamais été la question.
Chez nous, parce que nous sommes deux, la personne qui a tourné l'entrevue est celle qui gère ensuite la campagne. Elle a entendu la phrase sur place, elle sait ce que la personne a voulu dire. Le cadre complet de la production est sur la page production vidéo et contenu.
Quand ce niveau de relecture n'est pas nécessaire
Toutes les vidéos ne méritent pas le même soin, et prétendre le contraire serait vendre de la relecture pour rien.
Une captation interne, regardée une fois par l'équipe de production pour une formation, peut vivre avec des sous-titres automatiques légèrement corrigés. Personne à l'extérieur ne la lira. Le risque est faible, et le temps de relecture serait mieux placé ailleurs.
À l'inverse, si vous n'avez personne pour relire une langue, la réponse n'est pas de publier la traduction automatique quand même. C'est de ne pas publier dans cette langue tant que vous n'avez pas de lecteur. Une vidéo sans version anglaise ne vous fait pas perdre de crédibilité auprès d'un acheteur américain. Une version anglaise fautive, oui.
Et si votre vidéo ne contient aucune parole, seulement des images de procédé et de la musique, la question ne se pose pas. Il reste les textes à l'écran, qui se relisent comme n'importe quel texte publicitaire.
Sources
- Use automatic captioning, YouTube Help, https://support.google.com/youtube/answer/6373554, consulté le 30 septembre 2026.
- Disclosing use of GenAI content, YouTube Help, https://support.google.com/youtube/answer/14328491, consulté le 30 septembre 2026.
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