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Production vidéo

Vidéo drone industriel au Québec : ce qu'il faut demander avant de faire voler

Septembre 2026 · Production vidéo · Québec

Un plan de drone gagne sa place quand l'acheteur doit comprendre une échelle que le sol ne montre pas : l'empreinte d'une usine, la longueur d'un convoyeur extérieur, l'avancement d'un chantier. Le reste du temps, c'est un plan décoratif payé au prix d'un plan technique. Et depuis 2025, savoir qui pilote et avec quel certificat n'est plus une formalité : la réglementation canadienne a changé en deux temps, et la majorité des articles en ligne décrivent encore l'ancien régime. Cette page est écrite pour la personne qui achète le tournage, pas pour le pilote. Le cadre général est sur la page production vidéo et contenu.

Ce qui a changé en 2025, et pourquoi les vieux articles vous trompent

Transports Canada décrit lui-même deux phases dans son résumé des changements.

Deux conséquences pour un donneur d'ordres. D'abord, il y a maintenant trois niveaux de certificat de pilote, et non deux : opérations de base, opérations avancées, opérations complexes de niveau 1. Un texte qui en décrit deux est périmé. Ensuite, le plafond de masse n'est plus 25 kg. Transports Canada exige un certificat pour une masse opérationnelle de 250 g jusqu'à 150 kg inclusivement, une masse qui exclut la télécommande et inclut tout ce qui est fixé à l'appareil.

Les trois niveaux, en clair.

  1. Opérations de base, âge minimum 14 ans. Le vol reste en espace aérien non contrôlé, à plus de 30 mètres de toute personne, à plus de 5,6 kilomètres du centre d'un aéroport certifié et à plus de 1,9 kilomètre du centre d'un héliport, avec un drone d'au plus 25 kg gardé en vue. À mon avis, ces conditions rendent ce certificat inutilisable sur un site industriel actif.
  2. Opérations avancées, âge minimum 16 ans, frais de 25 $, examen en ligne. Ce certificat permet de voler plus près des personnes, plus près des aéroports et des aérodromes, et en espace aérien contrôlé avec la permission du contrôle de la circulation aérienne. Il couvre aussi les drones moyens, les opérations à l'abri et la visibilité directe prolongée.
  3. Opérations complexes de niveau 1, âge minimum 18 ans, frais de 125 $. C'est le nouveau certificat pour voler au-delà de la visibilité directe à faible risque. Il exige l'examen avancé, au moins 20 heures de formation théorique dans une école de pilotage et un examen de niveau 1. Le vol reste en espace non contrôlé, à 400 pieds ou moins, et à plus de 9,3 kilomètres du centre des aérodromes.

Les drones moyens, plus de 25 kg jusqu'à 150 kg, se pilotent maintenant en visibilité directe sous le certificat avancé. Au-delà de 150 kg, on sort des catégories de certificat et il faut un certificat d'opérations aériennes spécialisées.

Les opérations à l'abri, la nouveauté qui vise votre site

C'est le changement le plus utile pour un tournage industriel. Transports Canada définit l'opération à l'abri ainsi.

Le vol d'un petit drone autour d'un immeuble ou structure sans ligne de visée directe.Transports Canada, opérations avancées

C'est exactement le cas d'un tournage autour d'une usine, d'un silo, d'une tour ou d'un entrepôt : le drone passe derrière la structure et le pilote le perd de vue quelques secondes. Avant le 4 novembre 2025, ce vol exigeait un certificat d'opérations aériennes spécialisées, demandé dossier par dossier. Depuis, c'est un privilège du certificat avancé. Si un fournisseur vous a dit l'an dernier que le tour complet du bâtiment était impossible, la réponse a changé.

Deux réserves. Le certificat du pilote n'est pas la seule condition : chaque opération de ce type exige que le drone respecte des exigences de dispositifs de sécurité qui lui sont propres, attestées par une déclaration du fabricant ou une déclaration prévalidée. L'appareil compte autant que la personne. Et la hauteur reste encadrée : 400 pieds au-dessus du sol, et pas plus de 100 pieds au-dessus d'un immeuble ou d'une structure quand l'appareil est utilisé à moins de 200 pieds de celui-ci. On ne monte donc pas librement le long d'une tour parce qu'on est collé dessus.

Les règles qui s'appliquent à chaque vol

Au Québec comme partout au Canada, le pilotage de drone est encadré par le Règlement de l'aviation canadien, administré par Transports Canada. Les sources vérifiées ici sont fédérales. Je n'ai vérifié aucune règle provinciale ni municipale, donc cette page n'en affirme aucune, ni dans un sens ni dans l'autre.

Les amendes tiennent en une ligne : de 1 000 $ à 5 000 $ pour une personne physique et de 5 000 $ à 25 000 $ pour une personne morale, selon l'infraction. La personne morale, dans plusieurs scénarios, c'est l'entreprise qui a commandé les images.

Sur l'assurance, une seule chose est vérifiable et elle est étroite. L'article 606.02 du Règlement de l'aviation canadien, qui impose l'assurance responsabilité, vise tout propriétaire d'un aéronef autre qu'un aéronef télépiloté immatriculé au Canada. Ses minimums ne s'appliquent donc pas aux drones. Ça ne veut pas dire qu'aucune assurance n'est exigée ailleurs dans le droit ou dans vos contrats. Validez l'exigence avec votre assureur et avec le propriétaire du site, puis demandez l'attestation au fournisseur. Rien de plus n'est vérifiable sur une page officielle.

Un dernier point, pour éviter qu'on vous vende un équipement sur une fausse urgence. Transports Canada a publié le 8 juin 2026 un avis de proposition de modification sur l'identification à distance, avec commentaires du public jusqu'au 9 septembre 2026. C'est une consultation, et rien là-dedans n'est en vigueur.

Les cinq questions à poser au fournisseur

  1. Quel certificat le pilote détient-il ? Base, avancé, ou complexe de niveau 1. Le certificat, papier ou électronique, doit être en sa possession pendant l'opération, donc il peut vous le montrer.
  2. Le drone est-il immatriculé et le numéro est-il marqué dessus ? C'est une vérification de dix secondes sur place.
  3. Mon site est-il en espace aérien contrôlé ? Et à quelle distance du plus proche aéroport ou héliport certifié. Si l'espace est contrôlé, l'autorisation passe par NAV Drone et doit être réglée avant la journée. Aucune page officielle ne publie de délai de traitement, alors traitez cette étape comme une planification, pas comme une formalité du matin même.
  4. Quel est le plan pour les personnes sur le site ? Sous certificat avancé, la réglementation distingue des paliers : petit drone à moins de 30 mètres mais plus de 5 mètres de toute personne, ou à moins de 5 mètres d'une personne ne participant pas à l'opération; drone moyen à plus de 152,4 mètres, entre 30 et 152,4 mètres, ou moins de 30 mètres. Chaque cas exige la déclaration de sécurité correspondante pour l'appareil. Aucune page officielle consultée aujourd'hui n'explique comment ces catégories s'appliquent à vos employés sur le plancher, alors faites trancher la question par écrit avant la journée, avec la liste des zones dégagées pendant le vol.
  5. L'événement est-il annoncé publiquement ? Si oui, il faut un certificat d'opérations aériennes spécialisées, même pour un appareil de moins de 250 g.

Quand une nacelle ou une caméra fixe est la meilleure réponse

Il faut le dire clairement : dans une vidéo corporative, le plan aérien ne dure que quelques secondes. Ce n'est pas ce qui convainc un acheteur industriel. Le plan qui convainc, c'est le procédé, la pièce finie, l'opérateur qui explique son geste.

Trois cas où le drone est le mauvais outil. Un détail de toiture, une soudure en hauteur ou une structure à inspecter : une nacelle donne une image plus proche et plus stable, sans autorisation d'espace aérien et sans dépendre du vent. Un bâtiment ordinaire dans un parc industriel : vu d'en haut, un rectangle beige à côté d'un stationnement ne prouve rien. Un intérieur d'entrepôt : une caméra sur perche ou sur stabilisateur passe partout et ne demande pas d'évacuer une allée.

Ajoutez la météo. Un tournage extérieur au Québec entre novembre et mars perd des heures de jour et parfois la journée complète à cause du vent. Si le plan aérien est le seul élément essentiel du mandat, vous avez un risque de calendrier sans plan B.

Le drone mérite son budget quand la géographie est l'argument : une cour de matériaux, une carrière, un embranchement ferroviaire, un chantier qui avance d'un mois à l'autre, une installation linéaire de plusieurs centaines de mètres. Là, aucune autre prise de vue ne dit la même chose.

Je tourne les vidéos moi-même et je travaille surtout avec des PME industrielles et techniques du Québec, après plus de 20 ans en production de contenu visuel. Un plan aérien mérite sa place quand il explique quelque chose que le sol n'explique pas. La journée type est décrite dans une vraie journée de tournage, et ce qui fait varier la facture dans le prix d'une production vidéo corporative.

Sources

Si vous vous demandez si un plan aérien mérite sa place dans votre prochaine vidéo, on peut regarder votre site et trancher en quinze minutes.

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